La crise du COVID-19 n’a pas épargné les masseurs-kinésithérapeutes. Tous se déclarent encore stressés, voire très stressés par la situation. Comment maintenir l’activité de son cabinet quand les difficultés s’accumulent ? Comment faire du cabinet un lieu parfaitement adapté à l’accueil du public et quand les patients eux-mêmes s’avèrent encore si angoissés ?

 

La grande majorité des masseurs-kinésithérapeutes libéraux ont fermé leur cabinet pendant plusieurs semaines en 2020 afin de participer à l’effort national pour limiter les millions de déplacements quotidiens. Reste que l’injonction à rester chez soi et à n’en sortir que pour des soins « urgents » a fait émerger une double problématique : la prise en charge de pathologie chroniques, voire aiguës et la survie des cabinets. 

  1. L’impact de la crise sur l’organisation du cabinet

  2. L’impact sur la santé des patients

  3. L’impact sur le moral des masseurs-kinésithérapeutes

 

 

L’impact de la crise sur l’organisation du cabinet

Sébastien Guérard, président de la Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR) nous confirme que « de nombreux patients ont mis beaucoup de temps à reprendre leur prise en charge. D’ailleurs, certains patients n’ont toujours pas, à ce jour, repris leurs soins. » Ce qui a d’énormes conséquences en termes d’organisation du cabinet des rendez-vous.  

 

Par ailleurs, le protocole sanitaire imposé aux professionnels depuis 2020 a lui aussi un impact non négligeable sur l’organisation de la journée des professionnels. « On passe désormais énormément de temps à désinfecter notre cabinet entre chaque patient. Tout ceci est très lourd et la situation économique actuelle ne permet pas d’employer du personnel pour gérer ces tâches ! » comme le précise le président de la FFMKR. 

Cette situation sanitaire impose « d’être en permanence en tension, dans la surveillance de ses collègues, des patients qui deviennent de plus en plus laxistes avec les gestes barrières… Tout un tas de problématiques qui pèsent. » regrette Sébastien Guérard. 



L’impact sur la santé des patients

Si « l’épuisement moral et physique est bel et bien là » comme le confirme Sébastien Guérard, les masseurs-kinésithérapeutes ont su s’adapter et organiser des soins au domicile des patients à qui l'absence de soins était préjudiciable et leur faisait parfois encourir un risque vital. 

 

Dans le même esprit, ils ont obtenu la possibilité d'effectuer des télésoins pour assurer la continuité des soins des malades auprès desquels il était impossible de se rendre. Néanmoins, rien n’est simple à distance ou en allant  chez les patients : certains actes imposent du  matériel :  comment les mettre en place au mieux dans ces conditions particulières ?

 

En outre, ni le télésoin, ni les soins à domicile suffisent  à garantir une prise en charge de toutes les pathologies, ce qui entraîne une perte de chance pour certains malades. De plus, « chez certains patients, notamment pour les pathologies bénignes, il y a encore des soins différés. J’ai un exemple avec des rééducations de l’épaule, les patients viennent réaliser leur évaluation, nous interrogent sur le risque à attendre et choisissent de différer leurs soins. »  

 

 

L’impact sur le moral des masseurs-kinésithérapeutes

Si les masseurs-kinésithérapeutes ont trouvé des solutions pour maintenir un lien ténu avec leurs patients, il n’en demeure pas moins que cela ne leur a pas offert une rémunération à la hauteur de leur investissement dans cette crise. 

 

Ainsi, et de façon mécanique, on mesure une baisse du chiffre d'affaires très conséquente. Une enquête d’Imago research confirme d’ailleurs que le chiffre d'affaires de mai et juin 2020 serait en très net recul par rapport à 2019, de l’ordre de -50 et -25 % en moyenne, respectivement. Ce recul est également évoqué par la FFMKR dont le président s’inquiète de ces chutes et des préjudices qu’elles peuvent occasionner…

 

Si les masseurs-kinésithérapeutes ont été appelés à rouvrir progressivement leurs cabinets afin de prendre en charge les soins prioritaires, non reportables et nécessitant un plateau technique, l'heure n'est pas à la fête. Les masseurs-kinésithérapeutes sont en effet extrêmement nombreux à voir leurs journées s’étaler sur 13 voire 14 heures, à renoncer à leurs pauses méridiennes pour organiser au mieux les soins qu’ils peuvent prodiguer « on est obligé d’étirer nos journées, pour assurer la chaîne de soins et pour garantir des revenus en adéquation avec les besoins du cabinet et la situation épuise… » insiste le président de la FFMKR.

 

Malgré les difficultés, les masseurs-kinésithérapeutes ont répondus et répondent présents pour prendre en charge les patients dans le contexte particulier qu’est la crise sanitaire en s’adaptant et en trouvant des moyens de maintenir le lien avec les patients qui en ont le plus besoin.  

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